Je croyais qu'une fois passée la "drôle d'année" au boulot, une fois le second déménagement bouclé, ce serait facile ; c'était sans compter qu'on entrerait dans des locaux encore en travaux, qu'ils ne correspondraient pas forcément à ce qu'on avait rêvé, et que grands et petits chercheraient longtemps leurs marques, avec toute la fatigue du changement...

Je croyais qu'une fois la décision prise de travailler moins, ce serait un coup de baguette magique sur ma fatigue ; c'était sans compter les heures qu'il faut quand même faire en plus, l'apprentissage pour changer de rythme et accepter de SE consacrer du temps, et puis cette vieille culpabilité qui chatouille un peu parfois...

Je croyais que son départ ne me toucherait pas, ou pas trop, parce qu'on a eu si peu de liens ; c'était sans compter le soutien qu'il faut apporter ici et là, la prise de conscience que tout peut s'arrêter si vite, et puis oui, la tristesse quand même, malgré la colère pas encore envolée...

Je croyais que quand mon homme irait mieux, tout irait mieux, et ce n'était pas complètement faux, car par moments il arrive à me soutenir bien mieux qu'auparavant, et on a plus l'impression de parler le même langage, mais... c'était sans compter que j'ai l'impression parfois de lâcher alors qu'avant j'étais obligée de tenir, et cette défaillance est difficile à accepter...

Je croyais que les petites pilules allaient être magiques, que les personnes chez qui je cherche de l'aide feraient le boulot à ma place ; c'était sans compter que je suis la seule à pouvoir le faire, et que lorsque mon petit coeur s'emballe je n'arrive toujours pas à le calmer aussi vite que je le souhaiterais...

Alors j'essaie de marcher, d'aller voir mes arbres préférés, d'emprunter les nouveaux chemins du village (avec l'automne, mon préféré a perdu son aspect trop neuf, le tapis de feuilles est bien plus doux que le gravillons), de ressentir, de lire davantage, d'écrire un peu, de mieux respirer, mais il me reste un sacré boulot je crois !

Et vous, vos croyances, vous vous en débarrassez comment ?