Mamanlit nous a, il y a quelques temps, raconté joliment son chemin du matin... à mon tour !

J'avais évoqué les minutes précédent le départ en 2013,  les enfants ont grandi, la difficulté majeure à présent étant de faire sortir de leurs lits mes deux grands gaillards qui n'ont plus vraiment la trouille de louper le bus (moi si, parce que cela me compliquerait considérablement les choses).

Bref, pour moi, lever à 6h30, après 1, 2, 3 rappels pour les extirper de leurs plumards, autant pour être sûre d'un débarbouillage approximatif et d'un brossage de dents, des adieux à la porte après avoir salué toutes les jeunes filles de la rue qui les attendent sur le paillasson, phase deux avec Vanille. En deux versions :

1. Version hop-hop-hop : pour que tout roule, il faut être à 8h05 dans la voiture, le temps de fermer portes et portail, de rentrer à nouveau pour fermer les fenêtres oubliées en mode aération, surtout dans les chambres qui sentent le babouin, suivez mon regard..., on démarre, premier arrêt à l'école 300 mètres plus loin. Avec un peu de chance, elle n'a oublié ni son cartable, ni sa veste, ni son sac de piscine... jamais ses billes ou sa figurine chauve-souris -ou stégosaure ou dragon...-. A 8h15, normalement, la surveillance est exercée dans la cour et je peux lâcher Vanille (mais parfois, la maîtresse de garde est de retard, j'avoue, ça m'agace un peu quand c'est celle qui habite dans l'école...).

Ensuite, sur les chapeaux de roue pour arriver au taf à 8h30, traverser le village -si je croise le bus sur la rue principale, mauvais signe, pas en avance...-, arriver au stop du village n°2. S'il n'y a pas encore eu de tracteur, en général c'est là qu'il apparaît. Je continue, fais un petit coucou à Dalila dans son 4x4, (si je l'ai croisée dans MON village c'est mal barré), quelques bosses, des champs, village n°3, re-plein de bosses, 2e bus, et là apparaissent mes véhicules préférés : ceux des auto-écoles... Tu y ajoutes, à la sortie du village n°3, de nouveau tracteurs et quelques camions qui tournent vers la zone industrielle, stress assuré.

Sur la grande route, la vue est jolie sur les montagnes, les ruines du château, les usines chimiques aussi... Par beau temps, ô joie, quelques retraités en vélo de course, en troupeau si possible, impossibles à doubler avec cette circulation (eux, je les maudis un peu, pas possible de démarrer à 9h ? D'emprunter les nombreuses pistes cyclables du coin ??). Et nette recrudescence des auto-école.

Village n°4, plein de bosses, zone 30 jusqu'à la gendarmerie, puis la ville, tournicotis, bosses, prios à droite, avec un peu de chance il reste une place pour moi. Je rentre en courant, bonjour tout le monde, je change de grolles et c'est parti !

NB : La bonne nouvelle c'est que bientôt, mon boulot re-déménage, et que le trajet hop-hop-hop sera remplacé par village1, village2, 3 minutes de voie rapide, 4 minutes dans la ville et voilà (sans bosse, sans tracteur, sans auto-école ). ;)

2. Version cool (2 jours par semaine) : Vanille et moi partons à l'école à pied, on évite les limaces, on gratouille le chat-pot-de-colle du voisin, on guette les pies et les hirondelles de cheminée, on attend que les érables changent de couleur... et on court les 100 derniers mètres parce qu'on a pris du retard en observant la première gelée blanche. Je la dépose et complète par une demi-heure au moins de balade à pieds, le temps de saluer mon arbre aux mille écus en attendant qu'il jaunisse, le grand chêne où je peux me lover dans le creux qui a exactement la bonne taille pour mes épaules (et parfois j'y pleure un peu), ou encore je pousse vers la rivière et reviens en longeant le ruisseau qui borde mon jardin (luxe que je m'autorise depuis deux mois, sur "ordre" de mon doc)... Ensuite, retour à la maison, je suis libre de faire CE QUE JE VEUX pendant 2 heures (lessive, vidage de lave-vaisselle, nettoyage de wc, aspirateur, ou alors courses, rdv médical...), la belle vie !!

Je plaisante un peu et je sais que c'est déjà un luxe, que beaucoup d'entre vous vous aimeraient bien les avoir, ces deux fois deux heures... Il se trouve qu'elle s'avèrent totalement insuffisantes pour moi, que je suis en apnée depuis 3 ans, et que je viens de prendre conscience qu'il me faut absolument lever le pied si je ne veux pas tomber malade pour de bon (les alertes ont été bien assez nombreuses cette année). Alors on a décidé, mon homme et moi (et ma directrice a eu la gentillesse de me suivre, préférant avoir une mim entière un peu moins longtemps, qu'une demi-mim la moitié du temps), que j'aurais moins de hop-hop-hop et plus de vide. Moins de sous aussi, mais on fera avec - j'achèterai moins de chaussures. Mais la prise de conscience que cette vie-là peut s'arrêter si vite, et que je ne peux pas continuer à ne respirer QUE pendant les vacances, a été décisive. La décision n'est pas simple, je me sens un peu coupable, vaguement nulle (pas très performante, mon ego en prend un coup, mais tant pis...). Me voilà un peu comme ce chardon (?) de Gaspésie, dans le flou mais en voie de refleurir...

J'espère vraiment retrouver mon souffle, mon calme, un peu de joie, de créativité, ma libido et arrêter de manger des smarties...

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