madame mim

17 novembre 2016

Les croyances

Je croyais qu'une fois passée la "drôle d'année" au boulot, une fois le second déménagement bouclé, ce serait facile ; c'était sans compter qu'on entrerait dans des locaux encore en travaux, qu'ils ne correspondraient pas forcément à ce qu'on avait rêvé, et que grands et petits chercheraient longtemps leurs marques, avec toute la fatigue du changement...

Je croyais qu'une fois la décision prise de travailler moins, ce serait un coup de baguette magique sur ma fatigue ; c'était sans compter les heures qu'il faut quand même faire en plus, l'apprentissage pour changer de rythme et accepter de SE consacrer du temps, et puis cette vieille culpabilité qui chatouille un peu parfois...

Je croyais que son départ ne me toucherait pas, ou pas trop, parce qu'on a eu si peu de liens ; c'était sans compter le soutien qu'il faut apporter ici et là, la prise de conscience que tout peut s'arrêter si vite, et puis oui, la tristesse quand même, malgré la colère pas encore envolée...

Je croyais que quand mon homme irait mieux, tout irait mieux, et ce n'était pas complètement faux, car par moments il arrive à me soutenir bien mieux qu'auparavant, et on a plus l'impression de parler le même langage, mais... c'était sans compter que j'ai l'impression parfois de lâcher alors qu'avant j'étais obligée de tenir, et cette défaillance est difficile à accepter...

Je croyais que les petites pilules allaient être magiques, que les personnes chez qui je cherche de l'aide feraient le boulot à ma place ; c'était sans compter que je suis la seule à pouvoir le faire, et que lorsque mon petit coeur s'emballe je n'arrive toujours pas à le calmer aussi vite que je le souhaiterais...

Alors j'essaie de marcher, d'aller voir mes arbres préférés, d'emprunter les nouveaux chemins du village (avec l'automne, mon préféré a perdu son aspect trop neuf, le tapis de feuilles est bien plus doux que le gravillons), de ressentir, de lire davantage, d'écrire un peu, de mieux respirer, mais il me reste un sacré boulot je crois !

Et vous, vos croyances, vous vous en débarrassez comment ?

 

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16 octobre 2016

Sur le chemin # Mamanlit

Mamanlit nous a, il y a quelques temps, raconté joliment son chemin du matin... à mon tour !

J'avais évoqué les minutes précédent le départ en 2013,  les enfants ont grandi, la difficulté majeure à présent étant de faire sortir de leurs lits mes deux grands gaillards qui n'ont plus vraiment la trouille de louper le bus (moi si, parce que cela me compliquerait considérablement les choses).

Bref, pour moi, lever à 6h30, après 1, 2, 3 rappels pour les extirper de leurs plumards, autant pour être sûre d'un débarbouillage approximatif et d'un brossage de dents, des adieux à la porte après avoir salué toutes les jeunes filles de la rue qui les attendent sur le paillasson, phase deux avec Vanille. En deux versions :

1. Version hop-hop-hop : pour que tout roule, il faut être à 8h05 dans la voiture, le temps de fermer portes et portail, de rentrer à nouveau pour fermer les fenêtres oubliées en mode aération, surtout dans les chambres qui sentent le babouin, suivez mon regard..., on démarre, premier arrêt à l'école 300 mètres plus loin. Avec un peu de chance, elle n'a oublié ni son cartable, ni sa veste, ni son sac de piscine... jamais ses billes ou sa figurine chauve-souris -ou stégosaure ou dragon...-. A 8h15, normalement, la surveillance est exercée dans la cour et je peux lâcher Vanille (mais parfois, la maîtresse de garde est de retard, j'avoue, ça m'agace un peu quand c'est celle qui habite dans l'école...).

Ensuite, sur les chapeaux de roue pour arriver au taf à 8h30, traverser le village -si je croise le bus sur la rue principale, mauvais signe, pas en avance...-, arriver au stop du village n°2. S'il n'y a pas encore eu de tracteur, en général c'est là qu'il apparaît. Je continue, fais un petit coucou à Dalila dans son 4x4, (si je l'ai croisée dans MON village c'est mal barré), quelques bosses, des champs, village n°3, re-plein de bosses, 2e bus, et là apparaissent mes véhicules préférés : ceux des auto-écoles... Tu y ajoutes, à la sortie du village n°3, de nouveau tracteurs et quelques camions qui tournent vers la zone industrielle, stress assuré.

Sur la grande route, la vue est jolie sur les montagnes, les ruines du château, les usines chimiques aussi... Par beau temps, ô joie, quelques retraités en vélo de course, en troupeau si possible, impossibles à doubler avec cette circulation (eux, je les maudis un peu, pas possible de démarrer à 9h ? D'emprunter les nombreuses pistes cyclables du coin ??). Et nette recrudescence des auto-école.

Village n°4, plein de bosses, zone 30 jusqu'à la gendarmerie, puis la ville, tournicotis, bosses, prios à droite, avec un peu de chance il reste une place pour moi. Je rentre en courant, bonjour tout le monde, je change de grolles et c'est parti !

NB : La bonne nouvelle c'est que bientôt, mon boulot re-déménage, et que le trajet hop-hop-hop sera remplacé par village1, village2, 3 minutes de voie rapide, 4 minutes dans la ville et voilà (sans bosse, sans tracteur, sans auto-école ). ;)

2. Version cool (2 jours par semaine) : Vanille et moi partons à l'école à pied, on évite les limaces, on gratouille le chat-pot-de-colle du voisin, on guette les pies et les hirondelles de cheminée, on attend que les érables changent de couleur... et on court les 100 derniers mètres parce qu'on a pris du retard en observant la première gelée blanche. Je la dépose et complète par une demi-heure au moins de balade à pieds, le temps de saluer mon arbre aux mille écus en attendant qu'il jaunisse, le grand chêne où je peux me lover dans le creux qui a exactement la bonne taille pour mes épaules (et parfois j'y pleure un peu), ou encore je pousse vers la rivière et reviens en longeant le ruisseau qui borde mon jardin (luxe que je m'autorise depuis deux mois, sur "ordre" de mon doc)... Ensuite, retour à la maison, je suis libre de faire CE QUE JE VEUX pendant 2 heures (lessive, vidage de lave-vaisselle, nettoyage de wc, aspirateur, ou alors courses, rdv médical...), la belle vie !!

Je plaisante un peu et je sais que c'est déjà un luxe, que beaucoup d'entre vous vous aimeraient bien les avoir, ces deux fois deux heures... Il se trouve qu'elle s'avèrent totalement insuffisantes pour moi, que je suis en apnée depuis 3 ans, et que je viens de prendre conscience qu'il me faut absolument lever le pied si je ne veux pas tomber malade pour de bon (les alertes ont été bien assez nombreuses cette année). Alors on a décidé, mon homme et moi (et ma directrice a eu la gentillesse de me suivre, préférant avoir une mim entière un peu moins longtemps, qu'une demi-mim la moitié du temps), que j'aurais moins de hop-hop-hop et plus de vide. Moins de sous aussi, mais on fera avec - j'achèterai moins de chaussures. Mais la prise de conscience que cette vie-là peut s'arrêter si vite, et que je ne peux pas continuer à ne respirer QUE pendant les vacances, a été décisive. La décision n'est pas simple, je me sens un peu coupable, vaguement nulle (pas très performante, mon ego en prend un coup, mais tant pis...). Me voilà un peu comme ce chardon (?) de Gaspésie, dans le flou mais en voie de refleurir...

J'espère vraiment retrouver mon souffle, mon calme, un peu de joie, de créativité, ma libido et arrêter de manger des smarties...

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25 septembre 2016

"Automnation"

Bah oui, j'ai pris une saison d'avance pour ralentir un peu et retrouver de l'énergie...

Je n'avais pas trop envie de revenir en pleurnichant, même si voilà, il y a eu -il y a encore- des moments difficiles, de la colère, des choses pas chouettes à gérer, l'angoisse qui monte pour rien du tout (millepertuis mon amour), des conflits, des débordements, des agacements (pendant 3 jours j'ai demandé à mon n°2 de se couper les ongles, au 4e jour je l'ai exigé, le 5e j'ai découvert qu'il s'était coupé les ongles... de la main gauche -juste oublié la droite)...

Hier, j'ai revu à un quarantième anniversaire (fêté avec un an de retard, le héros de la fête n'était pas sûr de remarcher un jour à la même date l'année dernière, et là il était debout et je peux vous dire, sacrément droit dans ses bottes) pas mal de copains de lycée égarés, éparpillés au fil des ans, juste comme ça, parce qu'à un moment on n'a plus pris le temps, et je me suis rendu compte que les quarantièmes rugissants, ce n'est simple pour personne, mais PER-SONNE. Cela ne me rassure pas, mais je me sens moins seule.

Mais il y a surtout eu cet été ce voyage, cette aventure familiale, cette grande première pour nous qui nous entassons habituellement dans la Berling' pour redécouvrir notre Bretagne ou d'autres petits coins de France... Là, on a fait le grand saut au-dessus de l'Atlantique.

Un mois plus tard nous avons déjà oublié les petits désagréments (l'attente interminable pour quitter l'aéroport, le traversier "brisé" qui te fait faire un détour de 500 bornes...) et ne retenons que le meilleur, cette totale déconnexion qui a fait tellement de bien à chacun de nous, ces chouettes retrouvailles avec nos expatriés, la quiétude de certains paysages qui m'ont tellement... imprégnée (rhaaaa, le Fjord du Saguenay), les bestioles diverses et variées (écureuils, belugas, orignaux, marmottes, moustiques, castors, l'ours qui a attendu sagement notre passage sur la route pour traverser et celui que j'ai cru entendre un soir dans notre cabane au fond des bois -mais ce n'était que mon homme qui ronflait doucement...), ces frites à tous les repas dans chaque resto (aïe aïe aïe), et puis aussi ces crevettes frites, ces patates douces frites, ces oignons frits, ces champignons frits... Dieu merci, nous avons découvert cette indécente crème molle fourrée au beurre d'érable...

Je vous laisse avec quelques images (celles d'avant que je me casse la goule avec mon tout nouveau reflex en main, zéro photo de Montréal, damned !!!)...

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17 mars 2016

La traversée

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Ce matin, je suis allée chez l'ostéo. Vrillée de partout, il paraît. J'ai tellement changé de position que j'aurais pu raisonnablement m'imaginer dans un autre contexte. "Vous êtes incroyablement sensible des membranes intra-craniennes, dans un sens comme dans l'autre... J'ai rarement vu quelqu'un d'aussi sensible que vous !"...

En rentrant, j'ai eu besoin de sortir, je suis partie marcher sur le chemin de la rivière, j'avais besoin de bouffer toute cette lumière, ce soleil qui devient plus doux même s'il fait frais. Besoin de voir des fleurs sur le bois mort. Quand je suis arrivée à mon arbre, le mien, seul au bord du champ, les sanglots sont montés.

Ce printemps naissant est déjà terni par une vie qui s'en va, une mort annoncée. Cette vie-là ne me manquera pas beaucoup, elle ne m'a jamais manifesté assez d'intérêt, pas de tendresse ni même de gentillesse, à peine parfois un peu de bienveillance distante, et encore. Pas assez de tout ça pour qu'il y ait un lien.

Mais cette vie-là est fondamentale dans celle de mon homme, et même s'il a eu à peine plus que moi, pour lui c'est un cataclysme, le départ de cette vie-là. Il coule à nouveau alors qu'on commençait à voguer sur des eaux plus tranquilles et vers de nouveaux horizons. J'essaie de la maintenir tête hors de l'eau, de le faire parler, parler, parler... Ma tristesse est pour lui. Pour celui qui va partir, je n'ai que colère et rancoeur, et le sentiment d'un incroyable gâchis. Je sais, c'est mal, ça ne sert à rien, mais c'est ainsi. Je lui en veux de mettre ainsi notre vie en suspens, et de tant d'autres choses... Je lui en veux de n'avoir jamais su partager tranquillement avec ses petits-enfants, sans méchanceté, sans humilier, sans arrière-pensée... Je dois me débarrasser de ces sentiments qui me font du mal et ne servent à rien.

Je sais que la douceur reviendra. Tout cela me donne encore plus envie de vivre, de rire, de partager. Mais avant, il y a la traversée.

 

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06 mars 2016

Charlotte

Ma fille, elle a deux copines : L., 16 ans, avec qui elle partage sa passion pour le dessin et pour les félins, et puis Charlotte (bon, à part ça, elle a plein de copains au CE1, mais que des garçons, c'est comme ça).

Charlotte, elle la voit tous les jeudis, en allant rendre visite à son arrière-grand-mère de 100 ans. Charlotte est devenue toute toute petite, toute frêle, un petit visage de souris mangé par d'immenses lunettes qui font paraître ses yeux encore plus grands. Elle est la voisine de table de Mémé. Ma Vanille lui raconte sa semaine, elles partagent des secrets, elles ont une drôle de complicité. Vanille lui ramène des dessins, Charlotte lui raconte ses souvenirs.

Moi, je ne la vois pas souvent Charlotte, parce que d'habitude je travaille au moment où MisterT embarque notre marmaille pour visiter Mémé. Ce soir, nous y sommes allés en famille. Toujours une drôle d'impression que cet endroit, avec des gens qui ne vont pas si mal (mais pas assez bien pour se débrouiller seuls), et puis d'autres qui leur font envisager ce que ça pourrait devenir. Il y a aussi cette odeur qui prend à la gorge, de bouffe, de désinfectant, de pas-propre, de vieillesse, un drôle de mélange. Mais il y a aussi ces chambres assez coquettes de plain-pied sur un petit jardin, le chat bien nourri par les résidants, ces ongles de vieilles dames vernis chaque semaine, ces bricolages affichés qui me font penser à la crèche (début de vie / fin de vie : même combat ?), cette salle-à-manger à taille humaine, ces relations qui se tissent malgré tout le reste, la perte d'autonomie, d'intimité, la perte de tout ce qui a été une vie.

Ce soir, j'ai vu les sourires entre Vanille et Charlotte, et c'était si joli. Quand nous avons dit au-revoir avant de partir et que Vanille a été planter deux gros baisers sur les joues émaciées de Charlottes, j'ai vu ses yeux briller. Charlotte a levé le museau et elle m'a dit : "On ne se voit pas souvent. Vous êtes mignonne !". Ca m'a touchée, touchée...

Je n'ai pas osé lui dire à Charlotte, que moi aussi je la trouve mignonne. La prochaine fois je le lui dirai.

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13 février 2016

Le passeport

Il y a quelques jours, on avait rendez-vous à la mairie de la petite ville d'à côté pour les passeports. C'est-à-dire qu'on y avait déjà été une fois, on s'était organisé un soir où il n'y avait ni tennis, ni aïkido, ni gym rythmique, ni badminton etc..., où j'avais quitté le boulot un poil plus tôt pour qu'on soit tous les cinq avant la fermeture de la mairie. MisterT avait tout préparé sur internet, rempli soigneusement les formulaires, les avait imprimés, avait rassemblé tous les docs exigés et leurs photocopies, ainsi que les précieux timbres fiscaux. Et là on s'était entendu dire : "Aaaah, mais non, mais non, ça se passe pas comme ça, et pis faut prendre rendez-vous, et pis les formulaires internet c'est pas valable, en voilà cinq autres à remplir mais attention, seulement la première page, plus l'alinea 2 de la deuxième page, etc....".

On a repris rendez-vous, on s'est réorganisé, on a repris nos docs et on y est retourné. Les photos des enfants c'était ok (on a refait les cartes d'identité il y a peu de temps), pour nous, ben... après en avoir fait deux séries parfaitement immondes où j'étais très moche avec l'air très méchant (Piggy la cochonne qui aurait croisé mon BP, mais ceci est une autre histoire), j'ai retrouvé -eureka !!!- la dernière série faite, à peine moins pire mais quand même un tout p'tit peu. Je savais qu'elle datait un peu (et pis j'ai vraiment pas DU TOUT changé en trois ans), mais c'était plus supportable que les séries Piggy.

Sauf que la dame elle a bien vu que c'était la même photo que sur ma carte d'identité, et que ma carte d'identité date d'il y a trois ans. Captée. En plus, j'ai une FRANGE, et la frange c'est pas DU TOUT conforme (ne nous énervons pas). Pareil pour MisterT, excepté la frange (mon homme n'a plus ce genre de souci de mèche qui barre le front depuis longtemps ;) ). Elle nous a donc suggéré d'aller très vite chez le photographe voisin, le temps qu'elle enregistre les papiers. Petite précision : j'étais en pleine convalescence des évènements décrits précédemment, avec la mine la plus épouvantable de toute ma vie.

Voilà, donc, pour les 10 ans à venir, j'ai pris de l'avance : j'ai déjà l'air d'avoir 55 ans sur mon passeport. En même temps, pas trop le choix, je vais en avoir besoin pour cet été, parce qu'on va faire un grand voyage... ;)

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03 février 2016

A côté

A côté parce que depuis quelques jours, les choses se passent sans moi...

J'ai mis du temps à arrêter de me gratter, et quand j'ai arrêté de me gratter j'ai commencé à pleurer. Comme ça. Pour rien. J'ai compris à ce moment-là pourquoi mon médecin, d'ordinaire un peu expéditif, m'avait trouvé la veille un rendez-vous dans l'heure, m'a parlé si gentiment, si posément, m'a collé d'office une semaine de plus et a insisté pour savoir si VRAIMENT, je n'avais pas eu un choc récemment, ou un gros stress, VRAIMENT PAS ?

Depuis je laisse couler. MisterT organise, je complète un peu pour la forme. Tout le monde se relaie pour mes mômes, les trajets, la gym, les compèt's, et je suis au fond de mon canapé. C'est extraordinairement étrange de ne rien gérer.

Je ne sais pas à quel moment j'ai vraiment décroché, c'était juste la vie, juste ça.Une accumulation de petites choses, d'émotions normales (en tout cas, normales dans la vie), de plein de choses à faire. Sans doute je me suis couchée trop tard, mais je n'ai pas trouvé d'autre moment pour lire ou sortir un tout petit peu du quotidien. Sans doute j'ai pris trop facilement des médocs (pour le mal de tête, les remontées acides, la toux nocturne, le mal de dos) comme ça, sans y réfléchir, juste pour un coup de pouce. Jamais sans conséquences.

J'ai encore deux jours à passer à la maison, plus un week-end. Je ne sais pas quoi en penser. D'une minute à l'autre, j'ai envie d'y retourner tout de suite, dans la vraie vie, et puis juste après j'ai l'impression qu'il me faudra six mois. Je n'ai RIEN vu venir.

Alors juste, les copines, celles en qui je me reconnais tellement en vous lisant (message perso à Daphné, Anne, Mamanlit, Virginie, liste non exhaustive...) faites attention à vous. Prenez soin de vous. Pensez à respirer. Ne vous oubliez pas.

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24 janvier 2016

Le week-end palpitant

Bellzouzou s'est plainte de son morne week-end... moi ça va. Et il a commencé tôt. ;)

Jeudi, je suis allée au supermarché. Foire aux livres dans l'entrée, des trucs vraiment chouettes pour rien du tout, limite ça me faisait mal au coeur pour les livres. Alors j'ai fait ma pile, et pis tiens, 2-3 DVD (si si, j'aurai le temps à ma retraite), et je suis partie chercher le coca pour MisterT (qui a eu la frousse tardive de récupérer ma gastro du week-end précedent). Je passe à la caisse (je te passe les détails des tarifs foire aux livres qui passent pas, mais je peux te dire que ça a été loooong), j'achète un sac -d'habitude j'en ai toujours un sur moi, joli et costaud, pas là-, j'y mets mes livres et je porte à part mes canettes. J'arrive chez moi, et je mets le coca dans le sac juste le temps de mettre tout ça dans la maison. Lorsque je pose le sac, j'entends le pssshhhhhhhht caractéristique de la canette pas étanche. Dans le sac des livres. Percée d'ailleurs par un coin de livre. Une demi-heure à éponger les rescapés, passer la serpillère, laver le tapis (le sac aussi était percé).

 

Vendredi à 17h (après avoir appelé les urgences véto le jeudi tard), j'ai emmené mon chat chez le vétérinaire, rapport à un potentiel abcès tout près de là-où-tu-sais. Le jeune véto m'avait bien suggéré au téléphone de faire plus vite, mais je lui ai répondu que mon employeur n'offre pas de jour chat-malade. Ce n'était pas trop grave, mais le pas-trop-grave c'est pas-trop-donné (et pan, 10 jours d'antibios à la pipette).

 

Samedi après-midi, j'ai rencontré le nouveau pote (appelons-le Jean-Edmond) de mon deuxième garçon. Sympa, poli, rien-à-dire. Maison ultra-prétentieuse pas trop comme j'aime, mais évidemment c'est accessoire. C'est quand je suis revenue le chercher que je l'ai reconnue, elle, sa maman. Celle (à gros serre-tête, carré Hermès et mocassins Tod's) qui il y a quelques années en était presque venue aux mains avec une autre maman parce que l'autre avait sous entendu, dans une réunion, que si on ne trouve pas le temps de faire le caté pour préparer nos propres enfants à leur première communion, c'est qu'on ne les aime pas. La première lui avait limité arraché les yeux en clamant qu'ELLE, elle avait un job de la première importance et que cela ne l'empêchait pas de placer ses enfants, la chair de sa chair, AU-DESSUS DE TOUT. Bref, je ne pensais pas avoir le bonheur de la revoir un jour. (L'autre j'espère encore ne pas la revoir).

Ensuite, en faisant les soldes avec mon aîné, j'ai commencé à sentir de la gratouille (ça y est, j'ai attrapé des puces chez le véto, je me suis dit). Ca a été croissant jusqu'au soir, et j'ai quand même essayé de me coucher.

A  2h30, vaincue par la gratouille et flippée par mes oreilles qui avaient quadruplé de volume (même que j'avais l'impression d'avoir le gros serre-tête rembourré de Madame Le Quesnoy) -sans parler de l'arrière de mon occiput gonflé au point que je ne pouvais plus mettre ma tête en arrière, et de mes tendres nénés ainsi que toutes les zones avoisinantes couvertes de plaques de boutons), bref, vers 2h30 j'ai quitté mon petit monde endormi pour me rendre aux urgences moribondes les plus proches (ce qu'on m'a dit de faire au 4e coup de fil).
Ensuite, une gentille infirmière m'a installée, m'a dit "vot'pouls ça va pas du tout, je peux pas noter ça sur la feuille, vous vous calmez un peu et je reprends ça", quand elle est revenue elle a dit "pas d'urgence vitale alors le médecin a dit 'elle attend', donc faut attendre...", ensuite un peu gênée "ben oui, il fait 24 h alors..." (comprendre c'est la sieste, j'opterais pour crapuleuse au vu dudit médecin).
A 4h30, le médecin est venu, pour le coup c'est lui qu'a été un peu gêné devant l'étendue des dégâts. Comme d'hab', l'infirmière n'a pas trouvé la veine dans le bras pour l'intraveineuse (je lui avais dit de piquer dans la main mais elle a préféré essayer quand même, alors que non seulement j'ai pas de veine mais qu'en plus avec des plaques rouges dessus on voit moins bien).
Voilà, vers 6h j'étais de retour chez moi, juste à temps pour rassurer mon mari qui errait dans la maison à ma recherche (le chat l'a réveillé, il a donc réalisé que je n'étais pas aul lit avec lui, qui sait ce qui a bien pu lui passer par la tête ??), vu qu'il ne m'avait pas entendu lui dire que je partais et n'avait trouvé aucun de mes 3 messages.
Et maintenant je vais aller dormir et me trouver un bon allergologue (Sainte-Rita, faites que ce ne soit pas le concombre).

 

ps : Et pssst, bonne année !

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21 septembre 2015

Le tourbillon...

 

... de la vie...

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En avril, on a fait notre escapade annuelle dans l'Ouest avec Mister T. Comme d'hab', de la lumière, de l'iode, des rires, de l'amitié... On a fêté Pâques en famille, et la "famille" s'est élargie : vraiment, promis, on n'a rien fait pour que ça arrive (même si ça nous a peut-être effleuré une fois ou deux que ce serait bien), mais quelqu'une chère à mon coeur s'est fortement rapprochée de quelqu'un tout aussi cher, et quand on les voit aujourd'hui, on a juste l'impression que les choses sont exactement à la place où elles doivent être dans l'univers. Oui, juste ça. Et on a préparé le déménagement au boulot.

En mai, on a mis un GRAND placard dans notre chambre, on a soufflé plein de bougies et on a vu plein d'amis, même des qu'on voit pas souvent et c'était chouette malgré la nombreuse marmaille. Et on a préparé le déménagement au boulot.

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En juin, mon grand est parti découvrir la capitale britannique (et j'ai crevé de jalousie), on a fait encore des fêtes de famille, Mémé (99 ans trois quarts) a changé de lunettes pour des qui ressemblent aux miennes (!), la mini a bossé sur une expo avec une artiste sur le thème des papilles et joué dans l'herbe avec des dinos p*l*a*y*m*o (on a frôlé le drame), et mon moyen a découvert les joies de la voile. Moi, j'ai bricolé un peu pour le cadeau de la maîtresse. Et on a préparé le déménagement au boulot.

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En juillet, on a eu besoin, avec l'homme, d'aller prendre l'air en Forêt-Noire pour se remettre de la fin de l'année scolaire, on a beaucoup parlé (ben ouais, on pouvait !), on a fait des selfies en faisant la gueule (pas facile, la vache !) pour voir si on ressemblait à des jeunes, on s'est promené, on a... bref, c'était bien. On a dit adieu à un vieux monsieur cher à mon coeur. La mini a atteint l'âge de raison. Et on a préparé le déménagement au boulot.

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En août, on a profité de la pause, on est reparti vers l'ouest en famille cette fois et c'était bien : on a découvert de nouveaux coins, et puis il a fallu retourner là, en cet endroit où j'ai juste l'impression de revenir chez moi, journée lumineuse. On est passé chez le petit bijoutier de la place au Beurre, celui chez qui, en 1998, on s'était offert nos premiers anneaux (aigue-marine pour moi, argent travaillé pour lui) alors qu'on s'aimait juste depuis quatre mois. On y est arrivé dix-sept ans plus tard avec nos trois mômes, mon aigue-marine s'est refait une beauté, et mon amoureux m'a dit de choisir une pierre de Lune. Après, il a fallu retourner au boulot, et dire adieu à un autre vieux monsieur que j'aimais beaucoup. Et préparer le déménagement.

Septembre est déjà bien avancé, la rentrée est passée, plus zen pour moi, presque une sorte de... résignation. Un jour de congé posé au bon moment a bien arrangé les choses. Les inscriptions sont faites partout, la machine 2015/2016 est lancée. Dans trois jours, on déménage au boulot, une journée de fermeture pour déménager une crèche pendant l'année des travaux. Il va falloir faire avec ces locaux provisoires en carton-pâte, cernés de grillage moche (on va tisser dedans, foi de mim !), coincés entre un gymnase, un stade et un "city" d'où les ballons rebondissent sur le toît. Bref, au boulot, ça va être une drôle d'année.

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08 mars 2015

Nouvelles premières fois

Au début, t'as les vraies premières fois, le premier regard, le premier bain, la première nuit complète (où t'as pas dormi pour être sûre qu'il était encore en vie). Et puis la première rentrée, la première fois où c'est lui qui te lis un livre, la première punition à signer. Après ça se tasse un peu.

Et puis un jour, il y a la première fois où il dort chez un copain (enfin, un copain dont tu n'es pas pote avec les parents au point que c'est comme si c'était la famille). Les parents, tu les connais un peu quand même, tu les croises depuis longtemps, 7, 8 ans ? Tu vois la maman à la sortie de l'école, aux réunions, aux anniversaires... Tu lui a déjà parlé de ton fils et elle du sien, de l'entrée au collège, des aînés. Le môme est déjà venu chez toi, tu le trouves un peu excité, un peu à fleur de peau, mais bon bougre au fond. Et il a teeeeelllement insisteé pour inviter ton fils à dormir chez lui. Ben t'as dit oui. Ton mari l'emmène un soir, et quand il revient, il te dit juste qu'il a galéré pour trouver, et qu'il a dû insister pour voir la mère avant que le môme ne lui ferme la porte au nez. Il ne t'avoue pas tout de suite qu'il a failli repartir avec sa progéniture.

C'est le lendemain, quand tu vas le récupérer à 15 heures comme convenu, que tu comprends. Déjà, ça te prend un quart d'heure pour entrer dans la maison. Quand tu l'as trouvée, t'es pas très sûre, parce que tous les volets sont fermés, qu'il n'y a pas de numéro, pas de nom, pas de boîte-aux lettres. Tu sonnes, une fois, deux fois. Rien. Tu te demandes s'ils sont retenus en otage, s'ils sont partis se promener, si t'as mal compris l'heure. Tu retournes à ta voiture, t'appelles l'homme, tu récupères le numéro de téléphone, tu y retournes, tu sonnes quatre fois, et puis tu finis par appeler. La mère te répond (tu l'entends même à travers la porte), tu lui dis que t'es sur le paillasson et que tu aimerais, si possible, récupérer ton fils, donc elle t'ouvre en se bidonnant.

Là, tu comprends pourquoi elle se marre (en fait, pas vraiment mais bon) : c'est parce que les deux lascars dorment comme des sacs dans le salon, devant un saladier de popcorn de 10 litres presque vide, à trois mètres de la porte d'entrée. Tous les volets sont baissés, la maison semble... poisseuse. Tu hésites entre te fâcher et rigoler avec la mère (mais en fait, elle doit être sous gaz hilarant, tout l'amuse beaucoup), finalement le seul truc important c'est de se tirer et vite. Donc tu essaies de réveiller ton fils, ça te prend cinq minutes avant qu'il ouvre un regard vide au point que tu te demandes s'il t'a reconnu, et puis il se rendort illico, alors tu secoues un peu plus fort. La mère, toujours bidonnée, t'explique qu'ils n'ont en fait pas dormi du tout, ben non, elle et son mari sont partis se coucher en leur demandant de pas faire de bruit, ils en ont pas fait, entre la wii, les ds et la télé. Comme ton fils n'arrive pas à émerger, tu commences à te demander s'ils n'ont pas aussi vidé le bar et trouvé la cachette de s*h*i*t de la mère (ce qui expliquerait sa bonne humeur à toute épreuve). Bref, tu pars aussi vite que tu peux, tu mets une croix sur ton programme de l'après-midi et tu rentres dare-dare coucher ton fils après l'avoir obligé à boire un grand verre d'eau, et en l'informant qu'il "faudra qu'on parle" quand il aura dormi (après tu mets deux heures à décolérer et t'appelles une amie pour savoir si c'est toi ou l'autre mère qui débloque).

Peut-être que je suis une vieille bique psychorigide, mais quand on me confie un enfant qui ne porte pas mon nom, j'essaie de le rendre en bon état à la personne qui me l'a confié. Moi, j'ai pas trouvé ça cool que mon gars de 11 ans fasse sa première nuit blanche deux jours avant de reprendre l'école, en faisant une overdose d'écrans, face à des adultes morts de rire devant la petite nature de ces enfants qui ne tiennent rien et s'endorment sur le tapis après à peine UNE nuit sans sommeil. Bref, la deuxième fois c'est pas pour demain, et t'as beau te dire qu'il faut laisser grandir tes enfants, cette vieille garce de culpabilité vient te chatouiller la conscience d'avoir laissé faire ça, parce que t'as l'impression qu'ils auraient pu faire n'importe quoi sans jamais être arrêtés par une personne responsable.

 

Quelques heures plus tard, dans la nuit, tu reprends ta voiture et pour la première fois, tu vas récupérer ton fils aîné à la sortie d'une boum. Tu galères pour te garer (tous les parents sont là à 22h), tu rentres dans la salle, et là, flash-back : 70 ados plus ou moins à l'aise sur Still Loving You (tout se perd ma pauv'dame, cette génération ne sait plus danser le slow). Ca sent EX-AC-TE-MENT comme dans ton souvenir : principalement la transpiration,un peu la vieille basket, et te reviennent instantanément en mémoire la cave de Bruno P., spécialement aménagée pour les boums avec la boule à facette et les spots bleus, et puis le local des pompiers où la condensation était telle que les bretzels étaient mous. Quand les lumières se rallument, t'en reviens pas que ton grand dadais te dise bonsoir en te faisant la bise devant ses potes, et t'es bien contente qu'il se soit éclaté. Tu rentres en te disant que c'est sans doute la première fois d'une longue série. Et que parfois, les premières fois se passent bien.

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