Petit stress de pré-rentrée
Incroyable, voilà deux semaines que j'ai repris le boulot, et je me surprends à sortir mon petit eczéma-des-mains-spécial-tension-nerveuse (une vieille habitude qui date d'avant mon mariage il y a cinq ans, depuis, j'y ai droit avant un entretien, un repas de famille avec les BP...).
Pourtant, j'ai un peu avancé dans ma petite liste de projets. J'ai trouvé un chat (pour fin septembre), convaincu ma petite famille que le seul nom acceptable est celui que JE propose, fait les courses de rentrée des gars (mazette, promis-juré-craché que l'an prochain je vide leurs cartables le 1er juillet pour pouvoir passer commande à l'école dans les délais minables qu'on nous propose !!!), collé les étiquettes de Vanille (mais seulement sur vestes et gilets, faut pas déc')...
Mon horoscope me promettait le retour explosif d'un ancien amour OU des travaux dans la maison, ben... la future chambre de Vanille est peinte. C'est bien aussi.
J'ai fêté mes noce de bois -avec MisterT, c'est mieux, mais on fera ça plus sérieusement en partant.
Même, les quetsches ont été cueillies, lavées, dénoyautées, mises au congélo pour les tartes de l'hiver (7 kilos après distribution aux voisins, triage et nettoyage, mes ongles sont marrons et semblent irrécupérables...).
Alors pourquoi, pourquoi suis-je donc au taquet comme ça ?!
Parce que deux mois de vacances scolaires, c'est trèèès long. Parce que ça fait plus d'un mois que je n'ai pas eu plus d'une heure de solitude (et encore, je compte les courses de rentrée dans les moments de solitude). Parce que mes arsouilles ont un sixième sens et que dès que je pose mon derrière sur les toilettes (en général quand je n'en puis plus), il y en a au moins un qui me réclame la place urgement. Parce que c'est fatigant d'être interrompue systématiquement dans tout ce que j'entreprends, même en pensée, par homme et/ou enfant(s). Parce que j'en ai marre d'avoir toujours un môme entre ce que je fais (cuisine, linge, ménage...) -ou la personne avec qui je tente de discuter- et moi. Parce que tous les soirs, sans avoir rien fait d'extraordinaire, j'ai l'impression d'avoir une enclume sur les trapèzes. Parce que, parce que, parce que... ET MOI ?!
Allez, c'était un petit billet pour rien, juste pour vous souhaiter une bonne semaine et pour dire :
Merci les maîtresses !
Moi aussi j'ai une fée chez moi...
Titre emprunté (bien sûr) à Zaz
Projets
préparer le week-end à Londres
vider les cartables des garçons, évaluer les besoins, retrouver les listes d'école et faire les courses de rentrée (yeah)
trouver un club de baby-gym pour ma grenouille (qui en est à faire des saltos dans son lit à barreaux, et ce n'est pas une façon de parler)
coller les étiquettes Lovely Labels (merci Sarah Des Moulins !) sur les affaires de Vanille
permettre à l'homme de peindre en "Papier de soie" la future chambre de la mini (donc assurer l'occupation des chérubins dès que je sors du taf')
dégager le vieux bureau, la vieille table basse-coffre et trouver un beau fauteuil et une jolie console à la place
dégotter un petit chat à adopter (pour après Londres)
convaincre l'homme du nom que j'ai choisi pour le petit chat
penser à mon dressing, à mes portes-miroirs dans l'entrée, à mon fauteuil Eames à bascule, à la salle-de-bain d'en-haut, à mon lave-vaisselle, le tout au futur pas-si-proche et surtout ne pas chiffrer
liste non exhaustive... et vous ?
Noces
Un magnifique mariage très incarné, très inspiré...
et ma petite pièce au puzzle : le porte-alliance en forme de parchemin...
Belle route à vous les amis !
2011 versus 1989
Les vacances en Bretagne, c'est une sorte d'institution pour moi. Mes étés de petite fille et tant d'images : mes premières espadrilles la même année à Batz que mes sabots brodés (shoes-addict avant l'heure), les niniches au Croisic en rigolant devant les spectacles de rue des potes comédiens de mon oncle, le marché quotidien au port pour le poisson frais dont mon père suivait attentivement le cours, le crapahutage dans les rochers, les étoiles de mer qu'on laissait sécher sur le bord de la fenêtre -et qui ne sentaient vraiment pas bon-, les galettes de chez Tante Phine à Douarnenez qu'on dégustait dans de la faïence Henriot, l'artisan du cuir très barbu de Locronan qui nous fournissait en bracelets-prénoms-gothiques et la chapelle d'en-haut d'où le regard embrasse toute la baie (et où je rêvais de me marier), la ville-close de Concarneau, le bateau pour l'île de Sein, perchée devant, là où les creux sont les plus grands, guettant les dauphins qui suivent le bateau ; le pendentif en émail bleu avec une hermine offert par mon père, la baie des Trépassés qui me faisait frissonner, l'arsenal de Brest, la pointe du Raz où j'ai cru un jour avoir perdu ma soeur pour toujours (oui, j'ai un sens inné du drame ;-), les nids de moustiques heurtés par les hommes de la famille, piètres meneurs de barque, dans la Grande Brière...
Ces souvenirs-là, je n'ai aucun mal à les partager avec mes enfants. Nos vacances en famille sont assez proches de celles que j'ai vécues petite fille, et j'adore la première pêche aux Bernard-l'Hermite, la balade en bateau dans le golfe, la crêperie-surprise pour entendre leurs cris de joie. La valeur ajoutée, pour nous, c'est la présence de nos amis, ceux qui sont là-bas et dont on profite au max pour oublier les longs mois de disette, et ceux qui passent leurs vacances pas loin, avec qui on ne résiste pas à une partie de plage...
Là où ça se complique, c'est lorsque la nuit tombe a fortiori quand l'homme est dans sa mélasse. Là, j'ai quinze ans, je dois faire le siège de la micro-salle-de-bains du mobil-home, me faire belle, mettre quelques francs dans ma poche pour mon jus d'abricot, et filer au bar retrouver ma troupe. Après la soirée-play-back du camping et la fermeture du bar, on partira. Un arrêt à ma tente pour prendre un pull -cela rassurera ma mère qui m'entendra depuis le mobil-home-, et on descendra à la plage. On fera un feu, on racontera des bêtises, et puis, dans les bras de l'Amoureux, on regardera passer les étoiles filantes en faisant des voeux... On ne rentrera qu'au petit matin, et on attendra que la nuit tombe à nouveau...
La femme que je suis devenue a parfois toutes les peines du monde à se juxtaposer à la jeune fille de quinze ans qui était certaine de vivre son plus bel été...


















