Première semaine
Voilà déjà une semaine de vacances qui s'achève, bien remplie, si remplie que je ne l'ai pas vue passer... Organisation ordinaire, mais de bons moments avec ma marmaille, et puis les choses bougent aussi pour moi, peut-être du neuf bientôt, peut-être pas.
Des gâteaux (beaucoup de gâteaux !), des courriers, des leçons de pâte-à-sel, de la neige (ouf, pas tenu !), de la peinture, des CV, des rhumes, des copains, des places de jeux, des entretiens , des ennuis avec canalblog... la vie, quoi ! ;-)
Et vous, ces vacances ?
Soirée fille
Pour moi, c'est LE truc qui peut sauver une semaine pourrie ou un week-end pas à la hauteur : la perspective de passer une soirée avec mes amies. Par ici, on a une devise : "Hommes en déplacement, femmes en rassemblement". Donc, à chaque voyage pro de ces messieurs, on se retrouve chez la célibataire du moment, autour d'une soirée gastro (nomique) ou de petites choses faites sur le pouce en fonction des talents de l'hôtesse, à "bavasser" de tout et de rien, à mourir de rire pour un tire-comédon rebaptisé "cupidon" (tellement plus poétique !), à découvrir tardivement qu'il y a quinze ans, on a souffert presque en même temps à cause de la même fille -mais pas du même homme-, à se comprendre à demi-mot, d'un coup de cil ou d'un regard dans une délicieuse complicité, à se dire que ce soir on sera raisonnable, on se quittera tôt -et de se retrouver à trois heures du mat' à finir le lambrusco...
Quand les hommes restent au foyer, ça nous arrive tout de même de sortir ;-) ! Lundi, un chouette ciné ( avec commande de knacki-ball au lieu de kitkat-ball au caissier interloqué, la classe !) : Angèle et Tony. Si peu de mots pour émouvoir (au sens premier du terme, j'ai été remuée en profondeur...) autant, chapeau. J'ai aimé Clotilde Hesme pédalant dans le vent au gré de ses émotions... Un très, très joli moment de cinéma. Les filles, quand est-ce qu'on remet ça ?!
Edit du 26 février : A lire vos com's, je mesure encore plus ma (mes) chance(s)... celle de pouvoir faire ça régulièrement, celle d'avoir des amies tout près de moi (même si certaines sont loin, et me manquent bien souvent, comme pour toi Mamanlit, on se rattrape au téléphone...), et là, je dois me reconnaître un talent : celui de savoir bien m'entourer !

Gris... souris.
Un dimanche comme je ne les aime pas, dans la mélasse, gris et poisseux. La fatigue, le trop-plein de la dernière quinzaine se fait lourdement sentir, je rêve d'un dimanche léger et gai, je fais ce que je peux, un bon repas, un gâteau pour le dessert... et puis la mauvaise humeur généralisée s'en mêle, sur un détail tout s'enflamme, et c'est fichu.
J'ai vraiment besoin de prendre l'air en solitaire, l'homme me devance, propose mollement une ballade à ses fils (leur soeur dort), qui, bien entendu, refusent. Il s'en va seul, je me sens coincée. Je comprends trop bien ce besoin de solitude, je me l'autorise bien moins, c'est tout. Et me voilà à 17h au fond du jardin, une clope et puis deux, et je rumine. Sur ma recherche de boulot qui tourne en rond, sur mes envies que je ne sais plus définir, sur le soutien que je ne pense pas avoir. Et puis sur la fatigue générale des nuits hachées par une petite fille parfois tyrannique, des activités des enfants, de tout ce quotidien que j'assure et qui me donne parfois envie de rendre mon tablier, le tout mâtiné de culpabilité ordinaire : je les adore, mais en toute franchise, la perspective des vacances m'angoisse un peu, leur insatiabilité quant au "programme", leurs disputes incessantes...
J'écoute couler le ruisseau. Quand je me décide à lever la tête, je les vois : les chatons du saule. Sous le gris, la brume, le crachin, la nature se réveille quand même, envers et contre tout. Les perce-neige sont bien là, les jacinthes pointent le bout de leur nez. Et je me dis que dans mon brouillard intérieur, peut-être qu'il se passe aussi quelquechose, qui un jour montrera ses fruits...
J'attrape une branche basse et je la déleste de quelques chatons. Je rentre, et on en fait des souris (des souris en chaton, quelle ironie ;-), les souris que mon père nous faisait dans mon enfance, et qui finissaient sur un épi de blé ou un peu de mousse de forêt séchée. Pour mes enfants, je refais les gestes... ces petites souris ont une espérance de vie bien limitée, mais ce soir, elles nous ont apporté la douceur qui manquait.
Le retour du Végétyrannosaurus Rex
Je me demandais à qui elle pouvait bien répéter :
"Toi t'es un lapin ! TU-ES-UN-LAAA-PIN !!!"
(pas pu m'empêcher de penser à Alf hypnotisant le chat : "Tu es une madeleine !")
Judo
Quand je pense que je ne voulais pas qu'il fasse du foot !...
(Mercredi, 13h - 17h30, 1200 judokas, dommage, j'ai pas réussi à vous mettre le son... ;-)
Le coeur régulier
Un livre qui m'attirait autant qu'il m'effrayait (tout comme D'autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère, lu l'an passé, dont je ne sais toujours pas dire si je l'ai trouvé suffocant -me sentant parfois à la limite du voyeurisme- ou absolument nécessaire... j'avais eu du mal à m'en défaire, j'avais même dû lire deux Musso pour le faire passer, c'est dire ! ;-)...
Sarah a perdu son frère dans un accident (?) de voiture. Cette épreuve lui fait mesurer et durement éprouver la vacuité de sa propre vie, et elle part au Japon sur les traces de ce frère tant aimé et pourtant si encombrant, perdu de vue malgré leur attachement...
Ce livre parle de nos choix, bons ou mauvais, de la dépression et du mal de vivre, de la difficulté à trouver sa place au sein de la famille, de la mort ; mais aussi de la maternité, de l'amour, de la réconciliation et de la vie. Moi, j'ai adoré l'écriture d'Olivier Adam (un petit jeune d'à peine mon âge !), la finesse de ses observations, la justesse des personnages, et les descriptions "impressionnistes" qui m'ont fait voyager...
Le sens de la mesure
Dimanche matin. Les garçons émergent, mini-Vanille (qui m' a réveillée depuis longtemps) joue dans le salon -à ma connaissance-, l'homme fait sa grasse mat' bi-mensuelle (j'ai eu pitié, il est rentré exténué hier), je prépare bouilloire et cafetière pour le petit déjeuner.
Tout-à-coup, VLAAAM !, la porte de notre chambre claque, et j'entends trottiner la mini dans le couloir. Je l'attrappe :
"-Vanille, t'as pas réveillé ton père ?! Il a besoin de se reposer !
-T'inquiète pas, maman, ze lui ai apporté des doudous, mais z'ai marché tout doucement !"
Comment lui en vouloir ?... ;-)
A ranger dans les petites sucreries de leur enfance... pardonnez-moi, je suis encore toute bouleversée par Le premier jour du reste de ta vie qui vient de s'achever...
Happy wednesday
Un mercredi qui démarrait comme les autres, chronométré comme tous les jours avec les activités, et puis dans le creux de deux heures dont nous disposons, j'ai emmené mes gars à la Grande Ville. Je voulais surtout me rendre dans une boutique bien précise, qui a fermé, bien sûr (désolée, Mamanlit, va falloir être patiente ;-). Alors on est allé voir notre musée préféré, qui était fermé, bien sûr (manque d'affluence ? il n'ouvre plus que les après-midi...). Ne nous laissons pas abattre, allons voir ce qu'on ne voit pas d'habitude.
Pour les garçons, on n'a pas trouvé de manège, mais une toile d'araignée géante dans laquelle ils ont pu grimper, les marbres d'une galerie marchande peu fréquentée pour des glissades "d'enfer", des ascenseurs transparents pour satisfaire la curiosité mécanique de mon Caramel, des escaliers roulants, et le clou : le Tram et sa foule bigarrée, bien différente de celle qu'on croise sur nos chemins de campagne (et quelques montées d'adrénaline pour moi, mes petits paysans ne mesurant pas du tout les risques de la ville et son flot incessant de voitures...). Et en rentrant, grand bonheur pour eux : une surprise les attendait, les "whoopee cushions" qu'ils m'ont tant réclamés, oui, j'ai dû me faire un peu violence, normalement je suis plus classe que ça (!), je ne vous dis pas combien de fois ils m'ont invitée à m'asseoir aujourd'hui !
Pour moi, ce fut un grand plongeon dans les années lycées/fac, et cette grande ville que je n'aime pas plus que ça, j'y ai passé pourtant bien des heures qui me paraissent aujourd'hui délicieuses. J'ai fait le guide pour mes fils (détails croustillants en moins ;-), mon lycée, les berges de la rivière où on allait manger des fraises, le parc où j'avais mon banc attitré avec mon premier amoureux, le luthier chez qui je faisais du baby-sitting, mes bars, le Greffier, le "Teuto", le Most, la bibliothèque où j'allais attendre mon bus en hiver, ma fac où un amoureux volatile me coinçait parfois sous un escalier pour un baiser volé, la cité U où j'ai passé tant d'heures -reconstruite, je ne la reconnais plus-, l'école d'Art où je n'ai jamais mis les pieds et qui me faisait rêver...
Et puis, on a fait quelques boutiques, et j'ai trouvé ça :
Je n'oserai peut-être jamais le porter (mrahou !), c'est un peu idiot, mais il me faisait tellement penser à ça (LE bonnet, celui que j'ai eu tant de mal à enlever à mon fils aîné le jour où il est passé sous les ciseaux du coiffeur pour la première fois, et où je savais qu'à la place des boucles il y aurait... presque plus rien !) -my god, huit ans déjà depuis cette photo !- :
C'est mercredi, c'est nostalgie... ;-)
Les règles du jeu
Allez, on joue ?!
On pourrait décider que, même si le désir était là, par jeu, on dirait qu'on serait comme des frères et soeurs, qu'on aurait tout le temps envie d'être ensemble, qu'on serait tout le temps ensemble, qu'on rirait ensemble, qu'on se donnerait des rendez-vous qui font battre le coeur, qu'on mangerait des fraises au bord de l'eau, qu'on s'écrirait une lettre par jour, qu'on regarderait trois films à la suite, enlacés sur le canapé, même qu'on dormirait ensemble. Mais qu'on ne se toucherait pas. Comme ça, pour jouer. Pour défier le désir et la loi des grands.
On pourrait aussi décider qu'on ne voudrait surtout pas de fil à la patte, qu'on ne s'engagerait pas, qu'on aurait besoin d'air, d'expériences, qu'on ne serait pas prêt pour ça, qu'on ne ferait rien ensemble à part ça, que ça ne concernerait que nos corps -vade retro nos coeurs-, qu'on ne se retrouverait que la nuit, tu veux qu'on se voie ? mouais, si tu veux, qu'on ne serait rien l'un pour l'autre.
On pourrait décider aussi qu'on se retrouverait vingt ans après, et qu'on ferait comme si on avait vingt ans de moins, que ce qui est apparu depuis n'existerait pas, qu'on aurait toujours la même fraîcheur et qu'on s'en foutrait, qu'on se chercherait sans se trouver, qu'on aurait grand besoin d'une récré.
Oui mais voilà, les règles, c'est fait pour être transgressé, la cadre pour être éprouvé.
Et un jour, on découvre que le désir est impérieux, et qu'on ne peut plus faire comme si. Pouce.
Un jour, on découvre qu'à force de s'emmêler, on finit par s'attacher un peu, qu'en vrai on s'aime peut-être un peu plus que ça, qu'en vrai on va se manquer. Pouce.
Un jour, on réalise qu'on a pris des années, que de nouvelles vies sont arrivées, qu'on ne peut pas faire abstraction de ces vingt années, elles font aussi partie de notre histoire, qu'après avoir mis le bazar il faut remettre en ordre, et que c'est un peu vache de demander à ceux qu'on a oubliés, qu'étaient même pas là, de nous aider à ranger... POUCE.
(Réflexion consécutive à la lecture de Quand souffle le vent du Nord, de Daniel Glattauer).
Cow-boy
"Eh, maman, t'as vu, on dirait CLINT KENWOOD !!!"
Va donc falloir trouver Barbie Dolly pour chanter au saloon (le pire, c'est que MES boots, qu'il m'a piquées, sont pile-poil à sa pointure !)...
















