Le Parfum
Le premier parfum dont je me souvienne, c'est le muguet du Diorissimo de ma mère... je l'aimais bien, mais pas autant que l'odeur de son fond de teint et de son rouge à lèvres barbara*gould, que je tartinais en cachette sur de petits morceaux de coton pour pouvoir le renifler à ma guise lorsqu'elle n'était pas là !
Lorsque j'ai eu quinze ans, j'ai "rencontré" mon premier parfum. Il m'a suivie dix ans, parce que j'aime l'idée d'être liée à un parfum, d'y être fidèle, qu'il fasse partie de ma personnalité... Et puis, à vingt-cinq ans, l'envie de découvrir autre chose, peut-être un parfum plus féminin, plus femme surtout. Et puis, une personne nouvellement proche de moi le portait en été, ce qui ne me plaisait pas, mais alors pas du tout.
La quête fut compliquée. D'abord parce que j'ai un nez sensible (qui a dit chochotte ?!), qui est bien peu tolérant. Il y a les parfums que je n'aime pas, juste parce que je trouve que ça ne sent pas bon. Il y a ceux qui me donnent mal à la tête, là, on n'insiste pas. Et il y a ceux que j'aime bien, mais qui sont portés dans mon entourage, et donc liés clairement à quelqu'un d'autre que moi. J'ai donc passé plus de dix ans à errer de parfumerie en parfumerie (je sens que je vais faire pleurer dans les chaumières...) à la recherche de l'Elu. Certains sont passés, agréablement, mais ne sont pas restés. Les délicieuses Aqua Allegoria de Guerlain, les doux jardins d'Hermès... aucun n'est devenu MON parfum.
Il y a quelques mois, j'ai découvert que mon parfum chouchou, celui de mes jeunes années, venait de se voir offrir deux déclinaisons pour fêter un grand anniversaire. Je me suis bien sûr précipitée pour glaner des échantillons, et là, le coup de foudre : assez proche de son prédécesseur pour que mon nez s'y retrouve, assez subtilement différent pour que les autres ne le reconnaissent pas... Figurez-vous que j'en ai trouvé un flacon au pied du sapin ! Depuis, je passe mes journées le nez dans mon foulard, à me demander comment j'ai pu me passer de lui tant d'années...
J'aimerais bien savoir, vous, votre parfum ? Vous me suivez ?
Trop !
Noël s'est bien déroulé, aussi bien que possible, plus blanc encore que je ne l'avais espéré. Au matin, ballade dans un marché de Noël déserté sous les flocons, le manège rien que pour nous, de jolies boules en verre de Meisenthal (leur berceau !)... Et puis les chants, les petits présents débusqués avec soin, qui ont semble-t-il atteint leur but : faire plaisir à leurs destinataires.
C'est après que c'est devenu difficile. Les "réunions" de trop. Les lamentations incessantes d'une personne qui se trouve être le seul artisan de son malheur. Des propos nauséabonds sur d'autres cultures, propos rendus encore plus crétins par trop d'alcool (dans ce cas, vite, emmitoufler les enfants et courir se nettoyer les oreilles dans le silence ouaté de la neige). Des adultes débiles qui se comportent pire que des enfants, qui les excitent, les mettent en danger et nous obligent à des fâcheries pour que cela cesse (et comme chaque année, me dire qu'il faut que je trouve un moyen de ne pas les croiser l'an prochain). Les vagues, très vagues excuses d'une bibliothécaire qui vient de retrouver en rayon le livre qu'elle m'a réclamé il y a trois semaines (mais moi, j'ai passé trois semaines à retourner la maison et à houspiller mes enfants pour qu'on remette la main sur cette fichue BD qui était bien au chaud à la médiathèque). Un cordonnier qui a dû décider, me voyant arriver, qu'il allait "bouffer de la blonde" et qui m'engueule parce que dans ma phrase d'intro (bonjour-monsieur-vendez-vous-des-lacets ?), il n'y avait ni la dimension ni la couleur des-dits lacets.
Trop d'émotions contenues, de peur qu'elles prennnent toute la place ? Toujours est-il qu'hier, je me suis retrouvée en ruisseau... L'indifférence, la connerie, l'agressivité ordinaires, je ne m'y fais pas.
Devinette de Noël
Sachant que trois enfants vivent dans notre maison (deux grands garçons et une toute petite fille), devinez qui a espéré double ration du Vieux Barbu (indice : ses chaussons sont roses), hein, qui ?!
Edit : pour Christiane (et pour qui en veut), ma recette de pain d'épices :
Faire tiédir 2 dl de lait dans une casserole, y faire fondre 125 g de miel. Dans une jatte, mélanger 250 g de farine avec 125 g de sucre et une cuillère à café d'épices à pain d'épices. Y ajouter le mélange lait + miel, bien travailler (10 mn à la main, moins au batteur). Ajouter une c. à c. de bicarbonate de soude, travailler encore 5 mn. Verser dans un moule à cake beurré et fariné, et faire cuire dans le tiers inférieur du four une une heure à 150° (th.5).
Waiting for...
Le jardin est redevenu tout vert... étrange après des semaines de blanc cotonneux. Je me surprends à espérer les flocons annoncés pour Noël. Vert aussi (c'est rassurant !), le sapin a pris place chez nous. MisterT l'a choisi cette année "aérien", mais grand, droit et robuste, bien plus que l'an passé. Si seulement l'arbre pouvait transmettre un peu de sa force à l'homme...
Mini-Vanille l'a décoré pour la première fois avec ses frères, mais à la façon de Pénéloppe, en ôtant petit à petit les décos déjà accrochées, histoire de faire durer le plaisir... Mes petits pantins en carton et fil doré ont repris leur place, je n'en reviens pas qu'ils tiennent tant d'années, vu la fragilité de leur réalisation... ça me donne de l'espoir ! ;-)
Les fournées de douceurs sont terminées. Restent encore le pain d'épice pour le foie gras et le tiramisu aux marrons, et on sera bons !
Quant à moi... je me sens un peu sur le fil. Trop de douleurs qui se disent -ou pas- autour de moi pour me sentir parfaitement sereine, et l'émotion n'est jamais bien loin... Un Noël malgré tout plus "choisi", cette année, que d'habitude, différent de ce qu'on avait imaginé, mais qui pourrait bien se dérouler !
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Je vous souhaite, pour ce Noël, de la chaleur et des lumières...
La lettre
Conversation surréaliste entre mes fils et moi...
Café (neuf ans, croit au Père Noël) : "M'man, t'as posté la lettre au Père Noël ?"
Moi : "Oui."
Caramel (sept ans, ne croit plus au Père Noël ) : "Mais on l'a déjà reçue ?!"
Café et moi : "???!!"
Caramel : "Ben oui, le Père Noël c'est les parents, alors...".
J'adore la logique "aware" de Caramel.
Féérie rose
Et hop, une petite rasade de Noël... visite devenue rituelle en hiver comme en été, cette année, les jardins se sont mis au rose...
Et des marmots (des "germains") ravis de se retrouver et de se couvrir de neige loin du regard de leurs parents, trop occupés à siroter leur vin chaud...

A voir si vous êtes dans le coin : Parc de Wesserling (68), Noël au jardin
Encore raté !
Chaque année, c'est pareil : on oublie que les samedis de décembre, il faut se réveiller tôt, se laver, s'apprêter, se pomponner, arranger un peu le salon, rendre sa maison et sa personne présentables et penser à bien garnir son porte-monnaie. Parce que dans mon petit village, si on ne fait pas tout ça, on risque de se retrouver un samedi matin de décembre, à peine levé, le cheveu poisseux et l'oeil terne, le pyjama dépareillé et un masque hydratant sur la trogne, à se disputer avec son homme dans le même état (masque hydratant en moins) pour savoir qui ira ouvrir (rayer la mention inutile)
*aux pompiers et à leurs calendriers
*aux membres de la chorale et à leurs arrangements floraux
*au premier adjoint déguisé en Père Noël et au cadeau offert par la commune à la petite dernière
*aux scouts et à d'autres calendriers
*aux chiens d'aveugles et à leurs bons de bienfaisance
*au conseil de fabrique et à ses petites enveloppes pour le chauffage de l'église...
Promis, l'an prochain, on essaiera d'y penser (mais en attendant, 'faut déménager, dans le village notre réputation est ruinée).
Concentré de Vanille
Elle m'épate et elle m'épuise. Elle m'émerveille et elle m'exaspère. Elle me fait fondre et sortir de mes gonds. C'est ma fille.
*Elle sait recevoir. L'autre jour, visite d'une voisine, j'avais à peine mis la cafetière à chauffer qu'elle avait déjà fait couler le café ("Tiens, A., ze t'ai fait un café !"). Dix minute plus tard, elle avait profité de mon dos tourné pour récupérer le mien et commencer à le siroter... "Bêêêh, maman, t'as oublié le suc' !".
*Elle n'est pas superstitieuse. Avant-hier, elle a renversé la moitié de la salière sur la table, pour déguster son contenu à la petite cuillère.
*Elle a l'instinct de survie. Un soir, voyant la pile de rondelles de saucisson (qu'elle adore) diminuer dangereusement alors qu'elle n'avait pas fini sa soupe, elle s'est jetée sur son aîné qui tentait de servir : "Mon frère, ne mange pas ce saucisson, il est PAS BON !!!".
*Elle sait faire sa place. "Hé, y'a même pas de coussin à MA PLACE !!!" (sa place = entre l'oreiller de MisterT et le mien dans le lit conjugal, où assurément elle n'a rien à faire).
*Elle est autonome et anticonformiste. Un de ses plaisirs consiste à me pousser à bout au moment de l'habillage, histoire que je lui balance : "Débrouille-toi toute seule !". Comme ça elle met ce qu'elle veut et comme elle veut (même le pull de son frère par l'encolure, ouais).
*Elle a un sens aigü de ce qui est juste ou pas. "Mais papa, ze suis trop trop trop petite pour aller au coin !".
*Elle est curieuse de tout et aime observer le monde qui l'entoure : "Maman, met un peu la tête en arrière, comme ça ze peux voir tes crottes de nez dans ton nez !". Ou encore : "OOooooh, Pépé, t'as des lapins dans les oreilles !" (en fait, seulement quelques poils blancs qui vont bien avec son déguisement de Saint-Nicolas...).
*Elle est compatissante : "Maman, tu as oublié ton bonnet ? Oh pôôôôvre !".
*Elle est prévoyante et vraiment pas en retard... "Regarde, maman, z'ai déposé mes 'saussons' sous le sapin !" (à sa décharge, le sapin n'est toujours pas installé ici...).
C'est ma mini-Vanille. Elle a deux ans et cinq mois. Et c'est juste un résumé de la semaine en cours...
Edit du 17/12 : Ce matin, j'ai dû me fâcher avec elle, elle m'a regardé bien droit dans les yeux en fronçant les sourcils et elle m'a dit : " Tu me fais peur PAS DU TOUT !!!". Pffff....
Merci !
A mon tour de découvrir le plaisir de petites surprises dans la boîte aux lettres...
J'ai eu (enfin, ma fille !) la chance de gagner à son chouette jeu de décembre, et voilà, ma surprise est déjà là... J'ai l'impression que mon miroir préféré n'attendait qu'elle pour s'habiller cet hiver, un mariage parfait avec cette ravissante guirlande de papier.
Grand grand merci, Nouschine !
Chacun son job
Mon aîné a passé ses trois premières années d'école élémentaire avec une enseignante "minimum syndical". Une personne qui fonctionne à l'économie, qui recycle tout (surtout ses cours) à l'infini, qui apprend à ses élèves chaque année les trois mêmes chansons (dont la Marseillaise et l'Hymne européen pour chanter le 11 novembre). Son extrême lassitude n'est même pas justifiée par son âge, elle n'a pas 10 ans de plus que moi. Pas vraiment méchante, ni complètement désagréable, au pire lunatique, capable de vous serrer chaleureusement la main le lundi et de ne pas vous voir si elle vous croise le jeudi. Elle ne corrige jamais les devoirs qu'elle donne, elle doit estimer que c'est aux parents de se charger du travail à la maison, et elle n'a pas complètement tort... sauf que c'est tout de même son rôle de vérifier que les notions abordées sont intégrées, ce qui est loin d'être le cas si on n'en repasse pas une couche. Et puis, 'sont malins nos enfants, et pas super motivés pour faire des devoirs dont l'absence ne sera pas remarquée, et encore moins sanctionnée. Donc, trois années durant, mon aîné, plutôt vif d'esprit et curieux de tout, et au demeurant sans souci majeur d'apprentissage (une chance), s'est coltiné punitions pour bavardage et remarques acerbes dans le bulletin, tempérant ses bons résultats (je reconnais, évidemment, qu'un comportement pénible doit être sanctionné).
Cette année, il a une nouvelle maîtresse, qui est dans une dynamique diamétralement opposée. Enfin, elle est dans une dynamique, quoi. Mon aîné-Café se rend à l'école avec plaisir, n'a pas ramené la moindre punition ni la plus infime remarque, se régale des anecdotes ponctuant les cours et qui les rendent vivants, passe du temps à chercher à la maison divers objets et bouquins se rapportant à ses cours, se met spontanément à ses devoirs et presque avec plaisir, nous raconte la dernière pointe d'humour de sa maîtresse adorée, bref : un nouvel "homme". A l'occasion d'une sortie, j'ai glissé à cette chouette enseignante : "Ca va avec mon Café, il ne vous saoûle pas trop ?", elle m'a répondu : "On m'avait prévenue, mais vraiment, NON, aucun problème, il est discipliné et actif, un régal !". J'en suis donc arrivée à cette conclusion : mon fils s'est ennuyé à mourir pendant trois ans.
Ce qui m'embête à présent, c'est que mon second-Caramel a logiquement hérité de la maîtresse "minimum-syndical". Donc, on voit repasser les mêmes exercices (dans le dernier sur photocopie, il devait identifier une petite annonce, une pancarte, un menu... les prix du menu étaient en francs !), les mêmes chansons, les mêmes poèmes. Et la même lettre au Père Noël. Oui, les devoirs pour la semaine, c'était "apporter un catalogue de jouets". Qu'ils vont donc découper et coller pour faire la lettre au Père Noël (et si cela se passe comme pour mon aîné, la partie écrite se bornera à "cher Père Noël"). Je suis peut-être rabat-joie, mais ça me pose un vrai problème : d'abord, il me semble que Noël est suffisemment mercantile pour avoir besoin de ce genre de support... ne pouvait-elle pas leur proposer d'imaginer, de demander peut-être autre chose, de sortir un peu des clous ?... Ensuite, il me semble qu'à cet âge, les croyances de chacun sont vacillantes et inégales. Mon fils sait que le Père Noël n'existe pas, il me l'a dit clairement l'an passé déjà, et je n'ai pas envie de le maintenir "petit". Il joue le jeu, c'est tout. Et puis Noël, c'est une fête de famille... n'y avait-il pas moyen d'exploiter cette thématique autrement ? Est-ce que LA Lettre, ce n'est pas plutôt l'affaire des parents ?
En-dehors de cela, je me désole un peu de voir la motivation scolaire de mon Caramel fondre comme neige au soleil depuis cette rentrée... Il a quitté l'an passé une enseignante exigeante, mais super drôle et très aimée. Quelques jours après la rentrée, il m'a dit : "Madame X est moins sévère... mais beaucoup moins marrante aussi !". Ce nest rien de grave, il n'est pas vraiment malheureux. Mais depuis que je prends conscience de la métamorphose de son frère, ça me plombe de savoir qu'il passe vingt-quatre heures par semaine avec une personne aussi peu dans la vie.

















