14 janvier 2010

A l'Absent

dec2008_062Demain, cela fera douze ans que nous avons eu l'annonce de ta mort. Brutale, inconcevable, inacceptable, ce n'est pas normal de mourir si jeune. Avec tant de projets. Et puis, la vie était tellement là, juste avant. Une toile deux jours avant, à regarder sombrer ce Titanic. Et puis tout s'arrête.

Je pense intimement que si tu es parti, c'est que pour toi c'était le moment, quoi qu'on en pense et qu'on en souffre. Mais cet abîme, après, qu'en fait-on ? Je me suis souvent demandé ce qu'aurait été notre vie si tu étais là. Probablement à peu près la même... nous sommes les mêmes personnes, avec les mêmes désirs. Mais bien sûr que non, pas la même. Tant de nos choix ont été orientés par ton absence, insidieusement, sans que l'on s'en rende vraiment compte. Parce que la souffrance, si elle est moins à vif, demeure. A chaque anniversaire, à chaque fête, à notre mariage, aux baptêmes de nos enfants (sans doute aurais-tu accepté d'être le parrain de l'un d'entre aux), ton absence est là. Pour ta mère, ton père, ça n'aura pas de fin. Pour ton frère... il fait sa vie, il avance, a des moments de bonheur. Mais la charge n'est plus partagée, et la tâche est grande pour garder vos parents dans la vie. Ce sont ces voiles de tristesse que je surprends parfois dans son regard, lorsqu'il regarde jouer ses fils, des frères (des enfants qui ont, tour à tour, de brusques moments de tristesse et de colère de n'avoir pas connu cet oncle et de nous sentir dans la peine). C'est cette solitude qui n'est comblée par rien, malgré les amis si précieux, malgré moi aussi. Ce sont ces fêtes de fin d'année plus jamais légères parce que, juste après...

Alors voilà, à la veille de cette date maudite qui reste pour nous comme une vilaine cicatrice sur le calendrier, j'ai une pensée pour toi. Tu nous manques.

Evidemment, évidemment

On danse encore sur les accords qu'on aimait tant

Evidemment, évidemment

On rit encore pour des bêtises comme des enfants

Mais pas comme avant.

Michel Berger

Posté par mim_ à 11:57 - Commentaires [6] - Permalien [#]


Commentaires sur A l'Absent

Votre billet me donne la chair de poule et des frissons jusque sur le crâne...
Des bises pour vous, Madame Mim.

Posté par Des Moulins, 14 janvier 2010 à 22:33

bien des pensées pour vous...

Posté par ingrid, 14 janvier 2010 à 22:43

Comme je comprend... Le vide peut etre si present souvent.
Merci pour vos mots, ils m'etaient necessaires.

Posté par Lune, 17 janvier 2010 à 01:31

@ Des Moulins : Merci Sarah. C'est juste notre chemin.

@ ingrid : Merci. Je suis passée sur votre blog, très émouvant... que dire face à pareille souffrance ?

@ Lune : Je dis juste les choses comme je les ressens. J'aime bien passer dans la Lune, pas envie que cela s'arrête à cause de cette violence verbale ahurissante.

Posté par mim_, 18 janvier 2010 à 14:49

c'est juste très beau et émouvant, un très bel hommage... Et j'adore ce texte de Berger, il me parle tellement ...

Posté par caro, 01 février 2010 à 10:09

@ Caro : Merci à toi. Cette chanson écrite pour Balavoine m'a toujours bouleversée, il y a eu un jour où elle a pris tout son sens pour nous...

Posté par mim_, 02 février 2010 à 15:56
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