Sans doute mon chant de Noël préféré, il a bercé mon enfance, je le trouve si juste... Anne Sylvestre est indémodable !
Bonjour, Madame Marie
Que voici un bel enfant !
Pouvons-nous, je vous en prie, 
L'admirer pour un instant ?
Ayant appris sa naissance
En cet endroit retiré
Nous venons vous proposer
D'exercer la surveillance
Comme c'est notre métier
Messieurs, je vous remercie
Mais vous voyez bien
Qu'au fond de cette écurie
Nous ne craignons rien
L'enfant est plein de charme
Entrez, il vous tend les mains
Mais laissez dehors vos armes
L'enfant n'en a pas besoin
Bonjour, Madame Marie
Que voici un bel enfant !
Pouvons-nous, je vous en prie,
L'admirer pour un instant ?
Ayant appris la nouvelle
Nous sommes venus si tôt
Avec deux ou trois chariots
Pleins de choses les plus belles
Nous n'en possédons que trop
Messieurs, je vous remercie
Mais vous voyez bien
Qu'au fond de cette écurie
Nous ne craignons rien
L'enfant est plein de promesses
Entrez, vous venez de loin
Gardez toutes vos richesses
L'enfant n'en a pas besoin
Bonjour, Madame Marie
Que voici un bel enfant !
Pouvons-nous je vous en prie,
L'admirer pour un instant ?
On dit qu'il est fils de prince
Que son destin est tracé
Nous devons le raconter
Pour qu'à toute la province
La nouvelle en soit donnée
Messieurs, je vous remercie
Mais vous voyez bien
Qu'au fond de cette écurie
Il ne se passe rien
L'enfant n'a d'autre importance
Que d'être aujourd'hui le mien
Mais faites un peu de silence
L'enfant en a besoin
Bonjour, Madame Marie
Que voici un bel enfant !
Pouvons-nous je vous en prie,
L'admirer pour un instant ?
Nous n'avons que notre misère
A lui offrir et pourtant
Peut-être il sera content
D'être accueilli sur la Terre
Par de simples pauvres gens
Messieurs, je vous remercie
Et n'en doutez pas
Au fond de cette écurie
Votre place est là
L'enfant est déjà sage
Voyez comme il sourit bien
Donnez-lui votre courage
L'enfant en aura besoin.
photo : mosaïque dans une petite église de Penerf, Morbihan
Mon beau sapin...
Dans mon enfance, chaque année, vers Noël, j'assistais au même spectacle. Mon père partait choisir un sapin, un Nordman, parce que ça résiste bien. Il revenait à la maison fier comme un coq, son Nordman sous le bras. Ma mère l'examinait, le disait joli mais "un peu déplumé du haut, dommage". Et chaque année, mon père lui répondait que TOUS les Nordman sont déplumés du haut, que c'est la variété qui veut ça, et pis m..., l'année prochaine elle n'aurait qu'à le choisir elle-même. Cette tradition court toujours, même si je n'y assiste plus !
Avec mon homme (appelons-le MisterT), c'est autre chose. Il faut savoir que MisterT cherche le sapin lui-même tous les ans en forêt, si, il a le droit, c'est chez lui (ou presque : chez sa mère-grand). Mais MisterT est un grand sentimental (avec sa fille et avec les arbres). Et donc, ça lui crève le coeur de couper un bel arbre qui pousse bien. Alors, MisterT coupe les arbres les plus pourris les moins costauds de la forêt. Les premières années, j'ai eu du mal à m'y faire. Une année, j'ai même envisagé de rajouter des branches de sapin avec du fil de fer à l'arbre minable qu'il avait ramené -il possédait cinq branches, ce n'est pas une façon de parler, c'était CINQ, pour de vrai-, mais son tronc chétif n'aurait pas supporté le poids de ces extensions. Je me suis résignée à meubler les interstices avec beaucoup, beaucoup de cheveux d'anges.
Cette année, il est arrivé avec -ô surprise- un joli sapin, touffu, bien équilibré. Mais j'ai vite compris l'arnaque : il m'a expliqué qu'il voulait essayer une autre variété (blabla... population abondante... blabla...), or ladite variété est molle de la branche, et ne supporte donc qu'un poids très restreint. On l'a constaté très vite lorsque l'on a placé l'étoile au sommet : il s'est plié au tiers de sa hauteur. Toute la déco a donc été revue avec des critères de grammage et de fragilité (au cas où ça tombe si la branche ne tient pas !). En même temps, ça tombe plutôt bien, pour la première année où ma minette (17 mois donc) a accès à l'arbre de Noël... Mais quand même, ça me ferait presque envie, une fois, d'investir dans un grand et fort Nordman. Même déplumé du haut.
Neige
La neige tombe toujours, depuis ce début d'après-midi, sans discontinuer. Cette photo date un peu, mais elle représente fidèlement la vue de ma fenêtre au moment où j'écris. Nous ne sommes pas les premiers, et demain nous vivrons les aléas qu'ont connu bien d'autres ces derniers jours, les difficultés à se déplacer, le froid, l'humidité... Et pourtant, ce soir, cette neige est comme une réconciliation pour moi.
Elle me laisse envisager un Noël blanc, le premier depuis longtemps, même s'il reste encore quatre jours et qu'un redoux est annoncé.
Elle vient calmer les frustrations de ce décembre raté, passé confinés à la maison pour cause de microbes divers et persistants, alors que nous avions envie de tant de visites, de ballades dans les lumières de Noël, si présentes par chez nous.
Elle justifie un peu de n'avoir pas vu ces amis chers qu'on attendait, et qui n'ont pas osé braver les intempéries (ce qui nous aurait tout de même inquiétés).
Elle me montrera demain la joie dans les yeux de mes enfants, joie que je ne cherche plus à voir ces jours-ci, exténuée par les nuits sans sommeil à les veiller, par les agaceries du quotidien, les chamailleries incessantes dûes à trop de proximité forcée. Nous avons tous besoin de nous manquer... un peu.
Elle m'apaise et me rappelle que, même si je n'ai jamais autant redouté que cette année ce "regroupement familial" dans notre maison, c'est une chance que nous puissions nous réunir (pensées particulières pour mes amies V. et S. à qui il manquera tant de monde à la fête...). Mais cette année charnière nous permettra peut-être, l'an prochain, une nouvelle règle du jeu qui nous correspondra mieux...
Il me reste quatre jours. Quatre. Pour m'imprégner de l'ambiance, pour empaqueter, pour faire les traditionnels gâteaux (une seule recette cette année !) avec l'aide de mes "petites mains" -tentatives précédentes au cours du mois avortées : ça vous tente, vous, des sablés dans lesquels on a éternué, on s'est mouché, on a pleuré ?!-, pour fignoler les détails, pour se réjouir de surprises que l'on réserve à ceux qu'on aime... Et puis, pour être avec mon homme et retrouver le plaisir, simplement.
Allez, je vais me remettre une rasade d'Anne Sylvestre ! Esprit de Noël, es-tu là ? Moi, j'y suis !

